The Stuff, curieux petit film d’horreur frôlant la comédie, et qui par ailleurs plus il la frôle et moins il marche. Parce que l’allégorie est simple mais efficace : la société de consommation et surtout la junk-food. Le méchant du film, en effet, c’est un produit – à savoir une espèce de yaourt blanc, qu’un homme a trouvé par hasard dans la neige, et qui a pour effet de lobotomiser l’espèce humaine. L’idée est intéressante, car la métaphore est quasiment dénudée. Il n’y a, narrativement, pas de visage derrière le produit ; on ne sait pas d’où il vient, on ne sait pas ce qu’il veut, et l’on n’a pas besoin de le savoir, car le film s’en sert uniquement comme réceptacle pour que l’on puisse y transposer la junk-food (on a notamment droit à une allusion à Coca-Cola, ainsi qu’à des plans sur des enseignes McDonald et KFC). On est là dans l’idée que l’horreur doit être une attaque de la société. Malheureusement, plus le film devient comique, et plus il tombe dans la dérision. Car son propos en tant que tel était déjà si simpliste et ciblé, qu’il devait être traité avec sérieux. En faisant de son allégorie une blague, l’on ne parvient plus à croire en lui et il tombe dans ce qu’il dénonçait (le personnage du militaire, obsédé par les communistes, est particulièrement irritant). C’est regrettable, parce que la première moitié du film était bonne, et que l’on appréciait beaucoup le personnage du héros, destructeur d’entreprise enquêtant sur The Stuff, faux benêt, trouvant toujours à rire mais frappant fort et là où il faut ; il était une belle image du film lui-même, et de ce qu’il tentait de faire. Mais rapidement, contrairement à son personnage, le film ne touche plus juste du tout. 1,5/5.
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