The Shrink Next Door, drôle de série qu’on avait ratée à sa sortie, et qui ressemble en fait peu à l’image qu’on avait pu s’en faire, de par notamment le duo comique formé par Will Ferrell et Paul Ruud. Mais c’est aussi, justement, ce qui fait sa force : à savoir que son crescendo infernal, dramatique, est d’autant plus tragique qu’il semble s’inscrire dans la nature même de la série, comme si sa veine originellement comique voyait la tristesse de l’histoire la retourner sur elle-même. Ainsi, rien dans le récit n’est prévisible (et ce malgré la première séquence qui est quasiment la conclusion de l’histoire), et le choix des acteurs paraît presque incarner l’état d’innocence, d’hébétude, du personnage de Ferrell, qui préfère voir sa vie comme une comédie légère plutôt que comme l’horreur qu’elle constitue réellement.
De ce fait, The Shrink Next Door est aussi bien passionnant de par l’histoire réelle dont elle s’inspire (un psy, qui sous couvert d’aider son patient à prendre le contrôle de sa vie, va en fait prendre le contrôle de lui, et ce jusqu’à dormir dans sa chambre à sa place), que dans son approche formelle, dans cette façon de se farder en comédie, à travers des acteurs en apparence charmants (Will Ferrell, 55 ans à l’époque du tournage, est fascinant dans le rôle de ce grand adolescent de 40 ans). Bref, pas grand-chose à redire sur cette mini-série trop méconnue, et qui passionne un peu plus à chaque épisode. Un seul défaut peut-être : si le choix de partir sur des acteurs comiques est un brillant artifice pour renforcer en contraste l’horreur qui va naître, il est également, au bout du compte, un léger défaut lorsque cette horreur s’est réellement installée et que l’on aurait espéré, peut-être, une interprétation plus glaçante, plus intense, plus profonde. État que la série ne parvient jamais totalement à pénétrer. Mais quand même, pas mal du tout. 2,75/5.
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