The Pale Blue Eyes, par Scott Cooper, dont on avait bien aimé les précédents films, Out of the Furnace ou Hostiles, pas forcément inoubliables, mais bruts, réalistes, adultes, une forme de cinéma en somme de plus en plus rare. Et y retrouver à nouveau Christian Bale, en enquêteur se liant d’amitié avec un jeune Edgar Poe, était plutôt prometteur. Mais en réalité tout dans le film finit franchement par faire chier, de par cette esthétique Netflix à l’étalonnage gris, impersonnel, et le manque d’enjeux et d’intensité assez stupéfiant, le récit choisissant de s’axer moins sur un personnage en particulier que sur le duo entre l’enquêteur désabusé et le jeune Poe, l’un censé refléter l’autre, sauf qu’ici rien ne se dédouble, puisque rien ne transparaît a priori dans aucun des personnages. L’on comprend bien que cette histoire de meurtre, avec derrière la famille machiavélique d’une étudiante qui avait séduit Poe, est censée représenter ce qui fera jaillir l’imaginaire, le regret et la noirceur de l’écrivain. Sauf qu’au-delà de l’abstraction, grâce à son œuvre préexistante, que peut représenter Poe, il n’existe ici pas réellement en tant que personnage (d’autant qu’Harry Melling est vraiment peu convaincant). Et on a presque l’impression que le film, par fainéantise de n’avoir su construire ses personnages, a décidé de renommer l’un des deux Edgar Allan Poe, en espérant que cela enlumine artificiellement le récit. En vain. 1/5.

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