MaXXXine, censé fonctionner de manière individuelle, sans avoir vu au préalable les deux premiers volets de la trilogie (X et Pearl), et c’est bien comme cela que j’ai découvert l’univers de Ty West. Et si j’ai au départ apprécié pénétrer l’histoire de Maxine, notamment précisément parce que la sous-couche narrative des précédents films apportaient une forme de liberté, de richesse au propos, permettant au récit de nous perdre comme dans un rêve un peu illogique, sans suivre trop grossièrement les fils scénaristiques (tel le Los Angeles de Mulholland Drive, si fourmillant, si libre, de par son existence au préalable en tant que série télé), j’ai finalement été déçu par le développement du film. Car il perd, au fil de son avancée, ses étrangetés, ses peaux mortes, pour se recentrer sur une conclusion simplifiée. Et autant jusqu’à maintenant son ton assez particulier, souvent plus ironique qu’effrayant, avec malgré tout une forme de candeur (et une esthétique proche de Brian De Palma), créait de l’horreur davantage dans le gore visuel (voir le génial meurtre au talon dans la rue) que dans un sentiment oppressant, autant MaXXXine dans son acte 3 voit sa naïveté s’élever à une grandiloquence malvenue, pas suffisamment justifiée par de la profondeur ou de l’honnêteté. Et tout le dénouement, avec le père, révélé comme le grand méchant, machiavélique Magicien d’Oz, laisse de marbre. MaXXXine, certes, a pour lui une liberté de ton, en cela qu’il ne fait ni rire, ni pleurer, ni crier, sauf que cet espace d’incertitude propre aux grandes œuvres libres ici n’atteint pas une synthèse transcendante, et au lieu de tendre au tout finit plutôt par toucher au rien. De par cette esthétique, cette fausseté, qui sonne faux. 1,25/5.
Comments are closed