Happy Gilmore 2, dont la première partie était plutôt drôle et réussie. D’abord parce qu’elle partait d’un postulat triste et dramatique, à savoir la mort de la femme d’Adam Sandler, devenu un père veuf et alcoolique. Rien donc de mieux, pour démarrer une comédie, que faire naître l’humour dans une situation totalement sordide. Ensuite parce que, toujours dans le même esprit, le film a la bonne idée de développer un running gag particulièrement amoral et créatif : celui de l’alcool, caché de mille et une différentes façons, et voyant ici le personnage de Sandler boire sa vodka dans toutes sortes d’objets absurdes (dans un poireau, dans une balle de golf, dans son téléphone, dans la télécommande). Mais plus le personnage entame sa redemption journey, plus le film devient ennuyeux voire agaçant, le désespoir remplacé par une succession de tournois de plus en plus exubérants et irréalistes, jusqu’à une partie de golf dans la neige qui finit de transformer le film en blague hystérique. Cependant, Happy Gilmore 2 a l’élégance de se terminer comme il a commencé, comme s’il savait que là réside le rire : dans le réalisme, la pauvreté et la solitude. Avec Adam Sandler, qui malgré son retour réussi, voit sa voiture caler et doit continuer son chemin seul, au bord de la route. Finalement, une bonne comédie, c’est souvent, à l’inverse du cinéma d’action, ce qui demande le moins de moyen. Plus c’est pauvre, plus c’est triste, plus c’est vide, et plus c’est drôle. 1,5/5.

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