Frankenstein, un Poor Things en moins drôle, moins inventif et plus long. À part une bonne introduction, avec l’attaque du bateau bloqué dans la glace, où l’on perçoit immédiatement toute la puissance, toute la colère tragique, de la créature, le reste du film est un long développement inutile, assez vide, et surtout particulièrement moche, succession de décors, d’univers, qui se voulaient sans doute ambitieux et beaux dans la tête de Guillermo Del Toro, mais qui apparaissent à l’écran faux, artificiels, écrans verts intangibles grisés au filtre Netflix. Pire, les acteurs n’octroient aucune réalité supplémentaire au récit, Oscar Isaac et Mia Goth paraissant empruntés, incapables de faire naître la tragédie de Frankenstein et de sa créature – seul Jacob Elordi, de par sa stature naturelle, surnage dans cette bouillie. L’on n’aimera qu’un moment : lorsque, dans le troisième acte, la créature s’échappe et se met à la poursuite de Frankenstein, tandis que l’on rejoint enfin la première séquence du film, ce flashforward dont l’ombre a recouvert tout le film. En cet instant, le film se targue d’un vrai beau moment, et d’une magnifique réplique : tu as été mon créateur, mais je serai ton maître. L’on sent alors, dans la volonté de la créature, dans son mouvement, dans son désir de vengeance, la même force qui habitait le cadre dans la première séquence, le cœur authentique de l’histoire, et ce qui a poussé sans doute Guillermo Del Toro à réaliser ce projet. Mais le tout est trop recouvert par un développement du récit inutile, boursouflé, et rendu écœurant par cette esthétique numérique. Fatiguant. 0,75/5.

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