Echo Valley, qui est d’abord captivant dans la perversité répétitive que va asséner la fille (Sidney Sweeney) à sa mère (Julianne Moore). Le crescendo est alors parfait, générant une menace depuis l’intérieur, entre femmes, à laquelle on ne s’attendait pas – et la culmination à tout cela se joue lorsque Moore finit par servir de bouclier humain pour protéger son chien, encaissant les insultes et les coups de sa fille, au sol. Le film à ce moment surprend de dureté et convainc totalement. Sauf qu’il abandonne ensuite son sujet et sa force, sans doute par une prudence lâche – et dans sa seconde partie, il décide purement et simplement d’évacuer le personnage de Sidney Sweeney, pour la remplacer par le dealer censé justifier la dépendance et son agressivité. D’un intense duel entre cette mère et sa fille (d’autant plus audacieux qu’il octroyait à cette dernière le visage d’ange de Sweeney), l’on passe à un banal affrontement, ennuyeux en termes narratifs et bateau en termes idéologiques. Parce qu’en remplaçant Sweeney par le méchant homme blanc macho, Julianne Moore s’impose en contraste comme la cow-girl lesbienne héroïque (quand jusqu’à présent, son orientation sexuelle était demeurée un élément simplement de cet univers exclusivement féminin). Avec l’introduction de cet homme abstrait, l’originalité, l’âpreté, la dialectique du film est brisée. Pourquoi ne pas avoir conservé Sweeney comme l’ennemi du film jusqu’au bout ? Cela aurait été autrement passionnant. 1,5/5.
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