The Childhood of a Leader, le premier film de l’auteur de Vox Lux, et qui immédiatement nous plaît parce qu’il est très similaire : la même distance narrative renforcée par cette séparation en trois actes, la même élégance esthétique presque guindée, la même bande-son grinçante de Scott Walker. À l’inverse néanmoins de Vox Lux, qui immédiatement commençait par un choc – la fusillade –, l’on est ici plongé dans cet univers sombre et silencieux, où initialement c’est surtout la prétention et la vacuité du tout qui nous accueille et nous ennuie, et soyons honnête, si nous n’avions alors pas conscience que c’était l’auteur de Vox Lux qui dirigeait ce film, l’on se serait peut-être endormi face à qui semble initialement être un Barry Lyndon-wannabe. Mais après, l’on reconnaît parfaitement Vox Lux, l’on reconnaît outre le style, son fond même, le rapport à l’origine du mal, au pacte avec le Diable, inscrit dès le début, réalisé dès l’enfance, et à son déploiement à travers les années, jusqu’à l’avènement d’un pseudo-Hitler pour l’un et une chanteuse pop pour l’autre (et le parallèle est assez osé). Cependant, ce film-là est plus didactique que le précédent car moins onirique : le contraste renforcé par le naturalisme du parcours d’un côté, et l’horreur infernal de la conclusion de l’autre, font que le film peut apparaître lourd et gros (ses parents n’ont pas été gentils avec lui donc il est devenu un tyran). Mais quoi qu’il en soit, l’on est de plus en plus enthousiasmé par ce jeune réalisateur. 2,25/5.
Comments are closed